Germaine Richier
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Germaine Richier : l’œuvre de la sculptrice célébrée à Andros 2026

Conversations

Andros, du 14 juin au 27 septembre 2026

La Fondation Basil & Elise Goulandris présente au Musée d’Art Contemporain d’Andros un hommage à Germaine Richier (1902-1959), l’une des figures majeures de la sculpture européenne du XXe siècle, à travers l’exposition « Germaine Richier (1902-1959) – Conversations », du 14 juin au 27 septembre 2026.

Germaine Richier
Photo by Chris Doulgeris

L’exposition retrace l’ensemble du parcours artistique de Richier qui, malgré sa disparition prématurée à l’âge de 57 ans, a laissé une œuvre d’une remarquable cohérence, entièrement consacrée à l’exploration des formes du vivant. Lauréate du Prix Blumenthal à l’âge de 34 ans, elle fut également la seule femme sculpteur à participer à l’exposition historique The New Decade, organisée par le MoMA de New York en 1955. En 1956, le Musée national d’Art moderne de Paris lui consacra une importante rétrospective, un honneur qui, jusqu’alors, n’avait été accordé du vivant d’un artiste qu’à Henri Matisse.

Élève dans l’atelier d’Antoine Bourdelle, Germaine Richier débute sa carrière par l’art du buste portrait, qu’elle aborde avec toute la rigueur de la tradition académique. Au cours des années 1940, elle s’affranchit cependant des cadres conventionnels pour développer un langage sculptural profondément personnel, dans lequel les formes humaines fusionnent avec les mondes animal, végétal et minéral. Cette recherche l’amène à remettre en question les fondements mêmes de la sculpture ainsi que la dimension métaphorique de ses œuvres.

Germaine Richier considérait souvent ses sculptures comme ses propres enfants. Les « conversations » initiées par son œuvre se déploient ainsi à deux niveaux : au-delà du dialogue qu’elle entretenait avec ses créations, se dessinent également les relations imaginaires que les œuvres tissent entre elles.

Née et élevée dans un petit village de Provence, Richier a conservé toute sa vie une fascination pour les animaux, les insectes et les objets trouvés, qui peuplaient son atelier et nourrissaient son imaginaire. Certains de ces objets devinrent le point de départ de formes associant des éléments naturels à la figure humaine.

Lorsqu’elle choisit, dans les années 1940, de suivre une voie artistique résolument personnelle en s’éloignant de l’héritage académique, elle bouleversa et renouvela simultanément l’art de la sculpture. Ses œuvres incarnent tous les paradoxes de la condition humaine : marquées par les blessures, fragilisées par les fissures et les tensions internes, elles demeurent pourtant profondément humaines. Elles expriment une force intérieure, un instinct de survie et une forme d’espérance.

À mesure qu’elle approfondit son exploration des relations entre l’être humain et la nature, Richier crée des figures hybrides puisant à la fois dans le règne animal et dans l’imaginaire collectif, qu’il soit mythologique ou populaire, tout en réinterprétant les formes traditionnelles de représentation. La figure humaine demeure au cœur de toute sa pratique artistique : depuis l’exigeante discipline du buste portrait jusqu’aux silhouettes de petit et moyen format des années 1950, où l’abstraction se fait plus présente, il apparaît clairement que Richier s’inscrit dans l’héritage de Rodin et de Bourdelle tout en donnant une expression puissante à ses élans les plus intimes.

L’exposition de la Fondation B&E Goulandris comprend également une section consacrée à l’atelier de l’artiste, un appartement plongé dans un « chaos de plâtre et d’argile », selon les mots de l’écrivain et critique d’art Georges Limbour. Elle met également en lumière son intérêt pour la gravure, découverte à Londres en 1947 et rapidement intégrée à sa pratique artistique quotidienne.

L’exposition est commissariée par Marie Koutsomallis-Moreau, responsable des collections de la Fondation B&E Goulandris, et Laurence Durieu, spécialiste de l’œuvre de Richier et auteure de sa biographie Germaine Richier – L’Ouragane.

L’exposition s’accompagne d’un catalogue trilingue (grec, anglais et français). Des visites guidées publiques en langue grecque seront proposées quotidiennement du 1er au 16 août, de 12h00 à 12h40, à l’exception des mardis, jour de fermeture du musée.

Germaine Richier
Photo by Chris Doulgeris

Informations pratiques

Commissaires de l’exposition Germaine RICHIER

  • Marie Koutsomallis-Moreau, responsable des collections de la Fondation B&E Goulandris
  • Laurence Durieu, spécialiste de l’œuvre de Germaine Richier et auteure de Germaine Richier – L’Ouragane

Scénographie

  • Paraskevi Gerolymatou
  • Andreas Georgiadis

Horaires

  • Mercredi à dimanche : 11h00-15h00 et 18h00-21h00
  • Lundi : 11h00-15h00
  • Fermé le mardi

Musée d’Art Contemporain d’Andros
Chora, Andros 84500, Grèce

Tél. : +30 22820 22444

E-mail : andros@goulandris.gr

Les amateurs de sculpture pourront également découvrir cet été dans les Cyclades l’exposition consacrée à Theodoros Papagiannis à Syros, autre grande figure de la sculpture contemporaine grecque