Festival d’Athènes et d’Épidaure 2026
Chaque année, le Festival d’Athènes et d’Épidaure ouvre une fenêtre passionnante sur la création contemporaine grecque et internationale : théâtre, danse, musique, performances et formes hybrides.
Cette sélection ne prétend pas établir un palmarès ni recommander des “valeurs sûres”. Beaucoup des spectacles présentés en 2026 sont des créations, parfois montrées pour la première fois, et le spectacle vivant conserve heureusement une part de découverte et de surprise.
À travers cet article, Échos d’Athènes propose surtout quelques repères pour explorer cette édition 2026 et donner envie d’oser une rencontre artistique inattendue, à Athènes comme à Épidaure.
Odéon d’Hérode Atticus 2026
MUSIQUE
Festival d’Athènes et d’Épidaure 2026 : À Athènes, certains lieux ne sont pas seulement des scènes : ils sont des mémoires vivantes. L’Odéon d’Hérode Atticus, construit en 161 apr. J.-C. sur le versant sud de l’Acropole par le mécène romain Hérode Atticus, en est l’une des incarnations les plus puissantes. Offert à la ville comme un geste de transmission culturelle, ce théâtre couvert de 5 000 places — autrefois doté d’une toiture en cèdre — est aujourd’hui l’un des monuments les plus emblématiques au monde.
En juin 2026, il entre pourtant dans une phase de silence. Avant plusieurs années de restauration, le lieu s’offre une dernière respiration : un mois unique de programmation conçu comme une série de “Fêtes d’adieu”. Chaque soirée devient ainsi un hommage, une trace, une dernière vibration avant l’interruption.
CÉRÉMONIE D’OUVERTURE
MUSIQUE CLASSIQUE
3 juin

Le 3 juin, l’ouverture donne le ton avec le pianiste islandais Víkingur Ólafsson, figure majeure de la scène classique contemporaine, qui propose un dialogue sensible entre Bach, Beethoven et Schubert. Une entrée en matière à la fois spirituelle et audacieuse.
PROJECTION MUSICALE
4 juin
The Avex Ensemble
Blade Runner Live

Le lendemain, changement de registre : Blade Runner est projeté sous l’Acropole dans une version ciné-concert, accompagné en direct par The Avex Ensemble. Une expérience immersive où la musique de Vangelis redonne au film toute sa dimension émotionnelle.
5 & 6 juin
Stavros Xarchakos – Dans le présent

La programmation se déploie ensuite comme une traversée du temps et des esthétiques. À 87 ans, Stavros Xarchakos célèbre le présent à travers une série de concerts mêlant mémoire et transmission.
HOMMAGE
9 juin
Épire

Avec Épire, ce concert est un hommage à la tradition musicale et à sa transmission.
Sous la direction artistique de Vassilis Kostas, ce programme met en valeur l’héritage du regretté Petroloukas Halkias.
Le ensemble réunit de jeunes musiciens et des figures majeures de la tradition, dans un dialogue entre mémoire et création contemporaine.
HOMMAGE – ANNÉE HADJIDAKIS
10 juin
Orchestre National d’Athènes – Lukas Karytinos

Le 10 juin, dans le cadre de l’année hommage à Manos Hadjidakis, l’Orchestre National d’Athènes, dirigé par Loukas Karytinos, propose un concert consacré à sa période américaine.
Après le succès international de Jamais le dimanche, qui lui vaut un Oscar, Hadjidakis s’installe aux États-Unis dans les années 1960 et ouvre une nouvelle phase de création, plus expérimentale. Cette période donne naissance à des œuvres marquantes, dont une composition de 1965 considérée comme un jalon de la musique grecque contemporaine, ainsi que la musique du film Blue (1968), qui, malgré l’échec du film, s’impose comme une pièce majeure de son répertoire orchestral.
Ce concert rend hommage à cette phase essentielle de son œuvre, à l’occasion du centenaire de sa naissance, avec la participation du guitariste Giorgos Tosikian.
MUSIQUE- THEATRE
12 & 13 juin
Stamátis Kraounakis
Lysistrata

Un opéra hilarant
Le texte interroge la modernité et la force persistante de Lysistrata, écrite par Aristophane en 411 av. J.-C., en pleine guerre du Péloponnèse. Loin d’être une simple satire circonstancielle, la pièce révèle avec finesse les tensions politiques internes d’Athènes, notamment l’affaiblissement de la démocratie et le retour des oligarchies.
Par le biais de la comédie, Aristophane dénonce la soif de pouvoir et de domination masculine, qu’il présente comme la source des conflits et de la destruction sociale. En réponse, il imagine un geste radical : faire sortir les femmes de la sphère domestique (« oikos ») pour les faire entrer dans la sphère politique (« demos »). À travers la célèbre grève de l’amour, Lysistrata incarne une force collective féminine qui propose une alternative audacieuse à la guerre, souvent perçue comme utopique.
La réécriture musicale de l’œuvre par Stamátis Kraounakis renouvelle cette lecture en créant une opérette polyphonique où musique et texte se répondent dans un esprit satirique fidèle à Aristophane. La mise en scène mêle registres lyrique, populaire et cabaret, renforçant les échos contemporains de la pièce.
Le spectacle est enrichi par une esthétique visuelle contemporaine signée Takis, et réunit une trentaine d’interprètes, avec notamment Dimitra Galani dans le rôle d’Athéna. L’occupation de l’Acropole par les femmes, visant à bloquer les ressources de guerre, devient une image forte qui continue de résonner aujourd’hui.
Ainsi, Lysistrata demeure une œuvre vivante, dont la puissance critique et poétique continue d’interroger nos sociétés contemporaines.
HOMMAGE- MUSIQUE
15 juin

Chœur de chambre philharmonique d’Estonie – Orchestre de chambre de Tallinn – Tõnu Kaljuste
Œuvres d’Arvo Pärt
« Je pourrais comparer ma musique à la lumière blanche,
qui contient toutes les couleurs.
Seul un prisme peut les décomposer
et les révéler.
Ce prisme pourrait être l’esprit de l’auditeur. »
A.P.
Arvo Pärt est aujourd’hui l’un des compositeurs les plus joués au monde, dont la musique épurée, presque spirituelle, marquée par le silence et la contemplation, a profondément marqué le paysage musical contemporain et dépassé les frontières de la musique classique.
Après une période de crise face aux courants rigides de l’avant-garde du XXe siècle, il opère un tournant décisif : il se retire dans le silence avant de renaître artistiquement. Sa conversion à l’orthodoxie en 1972 oriente alors son œuvre vers une quête spirituelle. Il développe le style « tintinnabuli », fondé sur la simplicité et la résonance pure du son, pour exprimer une forme de beauté transcendante.
Le concert présenté à l’Odéon rend hommage à cette œuvre en proposant ses pièces vocales majeures, interprétées par des ensembles estoniens de référence dirigés par Tõnu Kaljuste, fidèle collaborateur du compositeur.Leur présence promet une soirée musicale d’une grande émotion, une expression de gratitude envers ce grand maître qui résumait la musique ainsi :
« Si l’on peut tuer avec un son, on peut aussi guérir avec un son. »
HOMMAGE- MUSIQUE – ANNÉE HADJIDAKIS
17 juin
Giorgos-Emmanouil Lazaridis – Raining Pleasure
L’Amérique de Manos X – Partie B

À partir de l’album Reflections, Manos Hadjidakis apparaît comme une figure centrale reliant différentes générations musicales. Né de sa rencontre à New York avec le New York Rock and Roll Ensemble, ce projet mêle rock progressif et sensibilité grecque, révélant une synthèse unique entre modernité occidentale et tradition.
Des décennies plus tard, le groupe Raining Pleasure revisite cette œuvre en y apportant une nouvelle lecture, prolongeant ainsi son influence et sa portée internationale.
Le concert à l’Odéon fait dialoguer ces héritages, tout en mettant également en lumière Rythmologie, une œuvre pour piano composée à la fin des années 1960, où Hadjidakis explore en profondeur l’essence du rébétiko dans une approche plus abstraite et personnelle.
Cette pièce, dédiée à Giorgos Seferis,« un Seferis vivant qui continue de vivre parmi nous » , sera interprétée par le pianiste Giorgos-Emmanouil Lazaridis, reconnu pour la finesse et la singularité de ses interprétations, confirmant la vitalité et la modernité de l’héritage de Manos Hadjidakis.
MUSIQUE
18 juin
Einstürzende Neubauten
Ode à l’avant-garde

Ceux qui monteront au théâtre antique ce soir de juin seront confrontés à un paradoxe historique : une équipe de démolition des conventions musicales, déguisée en groupe, aura investi la scène de l’Odéon, le transformant en un superbe terrain de jeu industriel.
Il s’agit bien sûr des Einstürzende Neubauten .Parmi les processus biologiques essentiels à la survie d’une espèce figure la capacité d’intégrer de l’ADN étranger — même potentiellement hostile. De façon analogue, le groupe allemand a traversé un demi-siècle d’histoire musicale en restant identique, précisément parce qu’il ne ressemble à rien d’autre.
Leur origine se situe dans un Berlin-Ouest aujourd’hui disparu : reconstruction, usines, squats, bâtiments abandonnés, métal, béton, le Mur. Dans ce paysage, une jeunesse enflammée cherchait à répondre à la question : comment créer de l’art à partir de la matière de sa ville ? De ces ruines est né un véritable mouvement musical : les Einstürzende Neubauten.
Expérimentaux mais rigoureux, ils ont rejeté les méthodes conventionnelles de composition et sont revenus à un « zéro sacré ». Leur « arsenal sonore » comprend des instruments fabriqués, pistolets à air, tuyaux, bidons, tôles, objets trouvés — jusqu’à un moteur à réaction. Avec ces matériaux, ils créent des œuvres industrielles allant de sonates nocturnes à des symphonies de bruit et d’acier.
Leur présence à l’Odéon conserve une dimension poétique et ironique : vétérans dans l’adieu à des bâtiments emblématiques, ils s’installent aujourd’hui dans les ruines antiques pour les accompagner dans leur sommeil temporaire, en attendant leur restauration.
MUSIQUE
19 juin
Lena Platonos – Maria Farantouri
Moires



La nature et ses créatures humbles, l’amitié entre jeunes filles, l’amour et la guerre, la vie et la mort, l’équilibre des sexes… Le monde méconnu des poétesses de l’Antiquité est mis en lumière dans ce spectacle inspiré de l’œuvre Fragments du silence de Thanasis Tsaknaki, avec une musique de Lena Platonos et interprété par Maria Farantouri.
Sappho, Corinne, Télésilla, Anyte, Praxilla, Moïro, Nossis, Diophilé, Erinna… et d’autres poétesses du monde grec ancien, dont il ne reste parfois que le nom, deviennent les protagonistes de ce chant intemporel.
Dans cette œuvre créée pour le Festival d’Athènes et d’Épidaure 2026, Platonos et Tsaknaki ravivent l’idée platonicienne de l’immortalité de l’âme et la réinterprètent dans Moires. La musique moderne de Platonos, alliée à la voix intemporelle de Farantouri, relie passé et présent, mêlant électronique et tradition grecque.
Le spectacle se termine par des extraits de l’album Sabotage (1981), pionnier de la musique électronique en Grèce.
MUSIQUE
21 juin
Orchestre Symphonique National de l’ERT – Michalis Oikonomou
Leonidas Kavakos – Ilias Livieratos
Journée mondiale de la musique
L’Orchestre Symphonique National de l’ERT collabore avec le grand violoniste Leonidas Kavakos dans la magistrale Symphonie concertante pour violon et alto de Wolfgang Amadeus Mozart. Aux côtés du soliste de renommée internationale se produira son collaborateur de longue date, l’altiste Ilias Livieratos, tandis que la direction musicale du concert sera assurée par le chef principal de l’orchestre, Michalis Oikonomou.
Le programme s’ouvrira avec l’ouverture Coriolan de Ludwig van Beethoven. Il s’agit de la première œuvre que l’orchestre de la Radio hellénique a interprétée à l’Odéon d’Hérode Atticus (alors en tant qu’orchestre de l’EIR) en mai 1964. Par ce choix, l’ERT souhaite établir un lien entre l’une de ses premières apparitions dans ce théâtre historique et la célébration de clôture de cette année.
En seconde partie sera donnée la festive Symphonie n°7 du même compositeur, une œuvre aux racines inspirées de la Grèce antique et aux rythmes doriques, que Wagner a justement qualifiée « d’apothéose de la danse ».
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Ouverture Coriolan
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre en mi bémol majeur, KV 364
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Symphonie n°7 en la majeur, op. 92
Orchestre Symphonique National de l’ERT
Direction musicale : Michalis Oikonomou
Solistes :
Leonidas Kavakos, violon
Ilias Livieratos, alto
MUSIQUE
22 juin
Lykke Li

Lykke Li ne se contente pas d’écrire des chansons : elle crée des instants. Sa voix, derrière des titres comme I Follow Rivers, arrive pour la première fois en Grèce.
Avec plus de quinze ans de carrière, elle a construit un univers où la pop devient brute, sincère et dépouillée. Elle privilégie l’imperfection et l’émotion, créant une musique introspective mêlant indie pop, alternative et sensibilité cinématographique.
Le 22 juin, l’Odéon devient le cadre idéal pour cette rencontre.
THÉÂTRE
25 & 26 juin
Stathis Livathinos
Euripide – Hécube

Dans Hécube, écrite durant la guerre du Péloponnèse, Euripide évoque la chute de Troie et celle de la cité athénienne. Le spectacle met en regard la tragédie avec des extraits de la République de Platon, autour des notions de justice, vérité et éducation.
Au cœur de la mise en scène, Hécube incarne la perte, la souffrance et la déchéance morale, confrontée à la violence de l’histoire. Le mythe de la caverne de Platon structure la réflexion scénique, questionnant la perception de la réalité et la connaissance.
MUSIQUE CLASSIQUE
29 juin
Orchestre d’État d’Athènes – Michal Nesterowicz
Symphonie n°8 de Gustav Mahler

Cette symphonie monumentale, surnommée « la Symphonie des Mille », est une œuvre exceptionnelle par son ampleur et son intensité spirituelle.
Dirigée par Michal Nesterowicz, cette interprétation réunit un vaste ensemble de musiciens et choristes, offrant une occasion rare d’entendre ce chef-d’œuvre en direct.
Soirée Songs & Stories
30 Juin

Avec l’ajout du concert de John Legend le 30 juin, le programme artistique de cette année à l’Odéon d’Hérode Atticus est désormais complet.
Un mythe contemporain, un théâtre légendaire et un moment historique incontestable : John Legend — l’un des plus grands noms de la musique du XXIe siècle et une figure majeure du renouveau de la soul et du R&B — se produira pour la première fois en Grèce, lors d’une apparition exclusive à l’Odéon d’Hérode Atticus.
Le choix de cette date n’est pas anodin : le dernier jour de juin est déjà inscrit dans l’histoire, puisque ce concert sera le dernier événement culturel accueilli sur la scène du théâtre avant sa fermeture pour d’importants travaux de restauration.
Informations : aefestival.gr/plirofories-eisitirion/
Théâtre antique d’Épidaure
OPÉRA du Festival d’Athènes et d’Épidaure 2026
20 juin
Théâtre national lyrique/ Médée de Luigi Cherubini
Le Théâtre national lyrique ressuscite au Théâtre antique d’Épidaure l’opéra Médée de Luigi Cherubini pour une représentation unique le 20 juin 2026, soixante-cinq ans après la légendaire production de 1961 avec Maria Callas dans le rôle-titre, mise en scène par Alexis Minotis, décors et costumes de Yannis Tsarouchis, chorégraphie de Maria Khors.
Dans le cadre de son axe thématique pour la saison artistique 2025/26, explorant « l’opéra du futur à travers le matrice du passé », le Théâtre national lyrique choisit de revisiter Médée de 1961 avec les matériaux d’aujourd’hui. À partir des livres de mise en scène de Minotis, des dessins de Tsarouchis et des riches archives photographiques des représentations légendaires de Callas à Épidaure, la production est reconstituée pour offrir au public contemporain une occasion rare de découvrir une étape emblématique de la culture grecque.
Le rôle-titre est interprété par la grande soprano dramatique italienne Anna Pirozzi, accompagnée de Jean-François Borras (Jason), Tasis Christogiannopoulos (Créon), Alisa Kolosova (Néris) et Danae Kontora (Glauque).
THÉÂTRE du Festival d’Athènes et d’Épidaure 2026
3 & 4 juillet
Christos Theodoridis – Les Perses d’Eschyle
Une nuit profonde comme mille ans, quelque part dans le monde, vingt-cinq personnes attendent la nouvelle d’une catastrophe certaine. La peur de chacun se confirme. Entre l’ampleur du deuil et l’action de réaction qui semble impossible, elles se sentent suspendues et impuissantes. Cette nuit, six personnes ne peuvent que pleurer.
À partir de la nouvelle de la défaite catastrophique à Salamine, l’histoire se concentre sur le deuil — intransigeant, constant, répétitif — pour ceux qui ont disparu et pour le passé heureux perdu.
10 & 11 juillet
Théâtre National de Bulgarie « Ivan Vazov »
Javor Gardev
Euripide Les Bacchantes .Avec The Tiger Lillies

Les Tiger Lillies, célèbre groupe britannique d’avant-garde, se produiront pour la première fois au Théâtre antique d’Épidaure les 10 et 11 juillet. Ils participeront, en sombres troubadours aux figures inspirées de l’univers dionysiaque, aux Bacchantes d’Euripide, pour lesquelles ils ont également composé la musique.
17 & 18 juillet
Théâtre national – Dimitris Karantzas – Alceste d’Euripide
Une parabole contemporaine à fort accent politique. Une œuvre double, suspendue entre vie et mort, jeu et cauchemar, tragédie écrasante et comédie inattendue. Alceste se sacrifie publiquement pour sauver Admetos, soulevant des questions sur le genre, le pouvoir et la responsabilité de la société.
24 & 25 juillet

Nikos Karathanos – La Paix (Aristophane)
Une exploration de la comédie d’Aristophane, soulignant le contraste entre guerre et fertilité, violence et amour, dans un contexte social et politique.
31 juillet & 1er août
Théâtre national – Eleni Efthymiou – Les Troyennes d’Euripide
Une œuvre profondément centrée sur l’humain et anti-guerre, portée par vingt-deux interprètes de tous âges, avec et sans handicap, et musique live sur scène. Le corps féminin est présenté comme symbole universel de la tragédie humaine.
DANSE / THÉÂTRE du Festival d’Athènes et d’Épidaure 2026
Première en Grèce – 7 & 8 août
Alan Lucien Øyen – Antigone

Une nouvelle interprétation radicale d’Antigone, mêlant poésie du mouvement, du texte et de la parole, confrontant la tragédie classique aux dilemmes contemporains sur la justice, la morale et la dignité humaine.
21 & 22 août
Lysistrata

Une lecture contemporaine, politique et humaine, où le corps et la responsabilité collective deviennent actes politiques, face à l’épuisement et à l’entropie d’une société en guerre.
28 & 29 août
Organisation théâtrale de Chypre – Thomas Moschopoulos – Ion d’Euripide
Une œuvre énigmatique, à la frontière du tragique et du comique, du mythe et du réalisme, explorant l’identité et l’appartenance, où la scène devient espace de réflexion plurivoque sur la vérité et le mensonge.
Le Festival d’Athènes et d’Épidaure est subventionné par le Ministère de la Culture.
En archives le Festival d’Athènes et d’Epidaure 2025
PIREOS 260
Voici une sélection des spectacles à forte visibilité internationale, présentés à Pireos 260, ancienne friche industrielle reconvertie en lieu culturel près de Ghazi.
On y accède facilement depuis le métro Keramikos +bus, voiture ou taxi .Le lieu offre une atmosphère artistique décontractée, avec musique live en soirée, bars à bière en plein air et quelques rares food trucks sans trop d’intérêt.
Ce festival ressemble un peu à une chasse au trésor. On peut y découvrir de véritables pépites — comme Caroline Guiela Nguyen avec Lacrima, vu en 2024 — ou, au contraire, rester à distance de certaines propositions pourtant très attendues, comme ce fut mon cas avec le spectacle de Ariane Mnouchkine en 2025.
Le théâtre vivant implique toujours une part de risque, autant pour les metteurs en scène que pour les spectateurs. C’est aussi ce qui le rend passionnant. Je vous souhaite donc de belles surprises au détour de cette édition 2026.
29 – 31 mai et 1er juin
Heiner Goebbels
Schliemann III

Schliemann III de Heiner Goebbels est une création inaugurale du festival des 20 ans de Pireos 260.
Le spectacle utilise le mythe de Troie et les fouilles de Schliemann pour montrer que l’Histoire n’est pas un récit fixe, mais une “fouille” permanente, faite de couches et de réinterprétations.
- mélange de voix, musique, textes anciens et contemporains
- fragments de l’Iliade, de Berlioz, de chants traditionnels et d’électronique
- dispositif scénique immersif et évolutif
30 mai
Ictus Ensemble – Suzanne Vega – Collegium Vocale Gent
Einstein on the Beach
En version de concert
Basé sur une idée de Robert Wilson et Philip Glass

Faisant partie d’une trilogie dédiée à des figures ayant cherché à changer le monde par la puissance des idées et non par la violence (les deux autres étant le pharaon Akhenaton et Mahatma Gandhi), Einstein on the Beach est une biographie non narrative, où ce qui est biographié n’est pas une personne mais un siècle entier dans ses moments les plus vertigineux.
L’œuvre constitue une exploration abstraite du monde d’Einstein, tout en déclenchant chez le spectateur une multitude d’associations qui le détachent du personnage historique et l’amènent à une réflexion lente sur le XXᵉ siècle et ses questions limites.
1 & 2 juin
Afsaneh Mahian
The Child
de Nagmeh Samini

The Child est une pièce politique et intime sur la migration et la maternité.
Trois femmes migrantes sont interrogées en Europe avec un bébé, mais chacune refuse d’être la mère pour protéger l’enfant de l’expulsion.
Le spectacle est joué en persan avec surtitres, afin de préserver la force de la langue originale.
28 – 30 juin
Angélica Liddell
Seppuku. The Funeral of Mishima or the Pleasure of Dying

Seppuku est une performance radicale inspirée du suicide rituel de Yukio Mishima. C’est une œuvre intense et dérangeante qui pousse le spectateur à confronter sa propre relation à la mort, au corps et au sens de la vie.
La mise en scène s’inspire du théâtre traditionnel Nō et intègre des textes de Mishima, des éléments autobiographiques, de la musique et une flûte japonaise en direct, interprétés par une troupe internationale.
Sept ans après Génesis 6, 6-7, Liddell revient à Pireos 260 pour mettre à l’épreuve les limites du spectateur et, une fois encore, le laisser sans voix.
4 & 5 juillet
Milo Rau – NTGent
Medea’s Children

Un fait divers réel (infanticide en Belgique) est mis en parallèle avec la tragédie antique
Figure majeure du théâtre documentaire en Europe, Rau revient au festival avec Medea’s Children, une œuvre qui dialogue avec le cœur de la tragédie d’Euripide, non pour la reconstituer, mais pour tester les limites du visible et du supportable.
Le spectacle interroge la frontière entre représentation et réalité, et la capacité du théâtre à affronter l’insoutenable.
12 & 13 juillet
TAO Dance Theater
16 & 17

Le diptyque 16 & 17 du chorégraphe chinois Tao Ye explore la connexion entre les corps à travers une danse fondée sur le mouvement circulaire et la circulation de l’énergie. Dans une chorégraphie à la fois minimaliste et hypnotique, les danseurs évoluent comme un organisme vivant, inspiré des formes ondulantes du dragon et du serpent dans la tradition chinoise. Les sons produits par les corps eux-mêmes se mêlent au mouvement, créant une étrange sensation de cohésion entre respiration, rythme et espace. Entre force du collectif et présence individuelle, Tao Ye propose une expérience méditative où le corps et l’esprit semblent ne faire qu’un. Plus qu’un récit, 16 & 17 invite le spectateur à vivre la danse comme une expérience sensorielle et intérieure.
26 & 27 juillet
Christiane Jatahy
A TRIAL
D’après Un ennemi du peuple de Henrik Ibsen

A TRIAL est une expérience théâtrale immersive et participative conçue par la metteuse en scène brésilienne Christiane Jatahy, avec l’acteur Wagner Moura (Narcos) dans le rôle principal.
Réinterprétant le classique d’Ibsen, Un ennemi du peuple, la pièce met en scène le procès du docteur Stockmann, qui avait dénoncé la pollution des eaux de sa ville au détriment de l’économie locale. La créatrice brésilienne Christiane Jatahy, figure majeure de la scène internationale et lauréate du Lion d’or de théâtre à la Biennale de Venise en 2022, reprend l’histoire là où Ibsen l’avait laissée : Stockmann revient et demande un nouveau jugement.
Le dispositif est radical : en l’absence de juges et d’avocats, le verdict appartient au public. Des spectateurs sont tirés au sort pour former un jury, poser des questions et délibérer avant de rendre une décision publique — différente chaque soir.
Fidèle au style de Jatahy, le spectacle mêle théâtre vivant, cinéma et interventions numériques.
Au-delà de l’intrigue, la pièce interroge notre rapport à la vérité, à la démocratie et à l’écologie face aux intérêts financiers.
C’est une œuvre qui transforme le spectateur en acteur politique, le confrontant à la responsabilité de juger un lanceur d’alerte.
N’oubliez pas de surfer sur le programme complet du festival, par catégorie de spectacle, par lieu et par date. Les places s’envolent très vite.
Bon Festival
Billetterie
Vous pouvez vous procurer vos billets par les moyens suivants :
En ligne : aefestival.gr et more.com
Guichet Peiraios 260 : du lundi au vendredi, 10h00–18h00
Achat par téléphone : +30 211 800 8181 (lun–ven 10h00–18h00)
PMR : +30 210 483 4913 (lun–ven 10h00–17h00)