Des racines dans le Ciel, Exposition Christina Anid au Pirée
Du 16 Septembre au 2 octobre
Galerie municipale du Pirée – Vernissage le 16/09/2026 à 19 h
Exposition Christina Anid au Pirée : Christina Anid revient au Pirée où elle a vécu 15 ans avec Des racines dans le ciel à la Galerie d’art de la ville, une importante exposition rétrospective qui retrace quinze ans de création artistique et s’inscrit dans la continuité de l’exposition rétrospective organisée à l’Ambassade de France à Athènes en juin 2022. Plus de cinquante œuvres de Christina Anid seront présentées.
Ces deux expositions constituent des étapes marquantes de son parcours personnel et artistique. La France a offert à la famille grecque et libanaise d’Anid une nouvelle patrie, tandis que le Pirée est le port qu’elle a choisi et où elle revient aujourd’hui.
Si la France lui a donné des racines, la Grèce lui a donné des ailes.
L’exposition « Des racines dans le ciel « est organisée avec le soutien de l’Association des Arcadiens du Pirée Théodoros Kolokotronis et se tient sous le patronage de l’Ambassade de France en Grèce.

LE PIRÉE -UN RETOUR AUX SOURCES
La présentation de « Des racines dans le Ciel », Exposition Christina Anid au Pirée revêt une importance particulière pour l’artiste. Christina Anid a vécu dans cette ville pendant plus d’une décennie et c’est là que sa pratique artistique a connu une transformation décisive.
Il y a quinze ans, alors qu’elle travaillait entre Paris et Beyrouth et passait ses étés à Sérifos – l’île de sa grand-mère maternelle, elle a découvert par hasard une vieille maison, ressemblant presque à un château, dans le quartier de Kastella. Ce qui n’était au départ qu’une découverte fortuite s’est transformé en un tournant décisif. Elle a quitté son petit atelier de Montmartre pour s’installer au Pirée, redonnant vie à une maison qui était restée fermée et inhabitée pendant des années. En retour, cette maison a profondément influencé et transformé le cours de sa vie et de son œuvre.
L’authenticité du Pirée et ses paysages s’ouvrant sur la mer lui ont offert quelque chose d’essentiel: de l’espace et, avec lui, la liberté. Sa pratique artistique a progressivement évolué, passant de collages de petite taille à des œuvres de plus grandes dimensions, des sculptures et des installations.
Aujourd’hui, son œuvre revient dans la ville où ce langage pictural si particulier s’est en grande partie forgé. Pour Christina Anid, l’exposition au Pirée, une ville qu’elle aime profondément, représente donc bien plus qu’un simple retour géographique : c’est un retour aux sources.
EX-VOTO ART : RÉUNIR CE QUI A ÉTÉ DISPERSÉ
Dans toutes les formes diverses à travers lesquelles s’exprime Christina Anid – et notamment dans sa série de sculptures recouvertes de plaques votives – une impulsion artistique constante se manifeste : réunir ce qui est dispersé, mettre en lumière l’essence humaine commune et révéler la véritable nature des choses qui sont au bord de la disparition.
La mémoire, la transmission, le sentiment d’appartenance et l’essence la plus profonde du sacré féminin constituent des axes thématiques récurrents dans l’œuvre de Christina Anid. Parallèlement, son œuvre est imprégnée d’un désir profondément personnel de restaurer le tissu fragile de ses racines, en cherchant, à travers l’art ,un moyen de se reconnecter à la mémoire personnelle et collective, à ses origines et à son identité.
Ayant grandi au sein de deux lignées familiales marquées par l’exil et le déracinement, Christina Anid a développé un langage visuel singulier, dont la force motrice est le besoin de reconnecter ce que l’Histoire a brisé. Par l’accumulation, la juxtaposition et l’assemblage, des objets et des images qui n’étaient pas destinés à coexister entrent en dialogue les uns avec les autres, révélant des liens inattendus entre les histoires personnelles et les vies des individus.
Choquée par la profusion d’objets et de matériaux mis au rebut malgré l’énergie et les souvenirs qu’ils portent en eux, Christina Anid travaille souvent avec des objets personnels et préexistants – livres, pièces de montres, mains en porcelaine de poupées et surtout plaques votives métalliques – en s’efforçant de les sauver et de leur offrir une nouvelle vie.
Dans son œuvre, comme chez elle, ce qui est brisé, rejeté et hétéroclite trouve la possibilité de coexister et de s’appartenir mutuellement. Au cœur de sa pratique artistique se trouve une conviction qui l’accompagne depuis maintenant quinze ans : ce qui nous unit est infiniment plus profond que ce qui nous sépare.
LE FÉMININ – CE QUI NE PEUT ETRE CONTENU
Le féminin constitue un axe central de l’œuvre de Christina Anid dès les débuts de son parcours artistique. La série des Lady Creatures est constituée d’éléments en papier découpé minutieusement travaillés, comme si les limites du corps ne suffisaient plus à contenir l’abondance, les contradictions et l’énergie indomptable de la nature féminine.
Aujourd’hui, Anid poursuit cette quête à travers une nouvelle série : des robes, conçues presque comme des armures.
À la fois protectrices et révélatrices, elles explorent ce que nous choisissons de montrer, ce que nous essayons de cacher et, finalement, ce qui ne peut l’être. Leurs blessures et leurs fissures font partie intégrante de leur beauté même: leurs cicatrices sont arborées avec fierté, magnifiées, ces armures portent les traces visibles d’une histoire pleinement assumée.
Une fois de plus, Anid ne cherche pas à effacer ce qui fait mal, mais à le transformer – à faire beau avec le mal, faisant écho aux propos de l’écrivaine française Claire Berest dans son texte consacré à l’œuvre de l’artiste.
À PROPOS DE CHRISTINA ANID

Christina Anid est une artiste plasticienne française autodidacte, d’origine libanaise, grecque et hongroise. Elle a grandi à Paris, où elle a étudié la littérature française à la Sorbonne, avant de voyager longuement et d’exercer professionnellement dans les domaines de la communication environnementale, du journalisme, de la photographie et de la création de bijoux. Elle s’est ensuite installée en Grèce, où elle est devenue mère et s’est progressivement consacrée exclusivement à l’art. Sa facilité à passer d’un médium à l’autre et son utilisation d’une grande variété de matériaux reflètent ses origines multiculturelles. Façonnée par une histoire familiale marquée par l’exil et le déracinement, son œuvre explore la mémoire, la transmission, le sentiment d’appartenance, le processus de construction de l’identité, la condition féminine et un désir inébranlable de liberté.
Elle tisse dans son œuvre une cartographie mémorielle où la douceur rencontre la douleur. Dans ses accumulations obsessionnelles, elle dévoile une quête personnelle et explore la dualité de la vie avec une détermination qui a quelque chose d’une transe.
« Comme dans un jeu de dominos, ou parfois comme une litanie, une chose en entraînait une autre, jusqu’à ce que j’arrive en Grèce, où j’ai replanté mes racines. Les pieds en Europe et le cœur au Moyen-Orient, la Grèce m’a permis de trouver un équilibre entre mes désirs et mes attentes », confie-t-elle.
Dans l’atelier de Christina Anid
Échos d’Athènes avait rencontré Christina Anid dans son univers peuplé d’ex-votos, de photographies, de livres et d’objets sauvés de l’oubli. L’artiste nous confiait son rapport intime à la mémoire, à l’exil et à ces fragments de vie qu’elle rassemble pour mieux les métamorphoser. Un portrait sensible pour découvrir la femme derrière les œuvres et comprendre comment la Grèce a changé sa trajectoire artistique.
👉 Lire notre portrait de Christina Anid : quand les ex-votos deviennent œuvres d’art
EXPOSITIONS
2010 – Exposition collective The Art Conspiracy, Art Loft, Mumbai, Inde. Prix du public pour Wall of Skies.
2011 – Exposition collective Rebirth, organisée par Janine Maamari, Beirut Exhibition Center, Beyrouth.
2013 – Exposition personnelle Lady Creatures, Fadi Mogabgab Gallery, Beyrouth.
2017 – Exposition collective Mykonos to Athens, Skoufa Gallery, Athènes et Mykonos.
2022 – Exposition personnelle Echoes of Shadow and Light, grande rétrospective dans les salles de réception de la résidence de France à Athènes.
2022 – Exposition collective Reality Check II : Inner Sanctum, organisée par le Dr Kostas Prapoglou, à l’hôpital psychiatrique de Daphni. Litany of Desires – installation composée de textes manuscrits sur les murs et de sculptures ex-voto art.
2023 – Exposition collective The Butterfly Effect, organisée par le Dr Kostas Prapoglou, à l’ancienne usine textile Butterfly à Athènes. Vortex, The End of Time, une installation composée d’un moulage en résine et de guirlandes de cadrans de montres.
2023 – Exposition personnelle Hope in the Oneness, Demeure Stavrakas, Patmos, organisée par le Patmos Trust. Hope in the Oneness – ex-voto art.
2024 – Exposition collective Amadeus, organisée par Panolabrou, Blender Gallery, Athènes, ex-voto art.
2025 – Exposition personnelle Imaginary Seascapes, ArtLab Gallery, Serifos, ex-voto art.
2023–2026 – Exposition de ses œuvres à la Gallerie Taxidi à Tinos, ex-voto art.
2025–2026 – Plusieurs de ses sculptures ex-voto art sont présentées à la résidence de France à Athènes.
2026 – Exposition personnelle Hope in the Oneness au monastère de Poretsos dans le Péloponnèse
Informations pratiques Exposition Christina Anid au Pirée
Galerie municipale du Pirée
29, rue Filonos / 18535 Le Pirée
Durée de l’exposition : du 16 septembre au 2 octobre 2026
Vernissage : 16 septembre 2026, à partir de 19 h 00
Horaires d’ouverture :
Du lundi au samedi : de 9 h 00 à 15 h 00
Mardi, jeudi et vendredi : de 9 h 00 à 15 h 00 et de 17 h 00 à 20 h 00