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Les Bacchantes d’Euripide au Théâtre Antique d’Epidaure

Le Théâtre National présente Les Bacchantes d’Euripide au Théâtre Antique d’Épidaure, les vendredi 2 et samedi 3 août 2024

La tragédie du mysticisme, de l’extase mais aussi de la barbarie, vient sous la direction de Thanos Papakonstantinou, dans le cadre du Festival d’Athènes et d’Épidaure, pour une expérience artistique captivante, orchestrée par le dieu même du théâtre, Dionysos.

À propos des Bacchantes

Lorsque le dieu Dionysos arrive à Thèbes, le roi Penthée refuse de reconnaître son premier cousin comme un dieu et interdit la propagation de la nouvelle religion. Son refus provoque la colère du dieu qui, dans une inversion tragique du persécuteur et du persécuté, conduit Penthée à la destruction par sa propre mère.

Euripide écrit les Bacchantes – la tragédie des Grecs, des seigneurs et des peuples, selon le grand théoricien et critique de théâtre polonais Jan Kott – dans la troisième décennie de la guerre du Péloponnèse, à une époque où l’Histoire s’est déjà calmée. Le grand poète tragique la compose durant la dernière année de son séjour en Macédoine, où il est en contact avec le culte dionysiaque.

En confrontant une fois de plus ses concitoyens aux comportements humains qu’il a fustigés tout au long de sa vie, Euripide compose une tragédie – l’une des rares centrées sur le dieu Dionysos – sur le conflit entre dieu et homme, sur la vertu humaine et la sauvagerie, la sagesse et l’illusion, la raison et l’irrationnel. Pour Euripide, lorsque l’homme est envahi par ses instincts bestiaux, lorsque la barbarie s’éveille en lui avec fureur, toute coexistence sociale est annulée, même celle qui est le fondement de la société, la relation mère-enfant.

C’est la violence qui marque la fin de la cité-État d’Athènes. Et alors que la tragédie traite de l’essence de l’identité humaine – politique ou individuelle, avec la fin de cette dernière, les Bacchantes deviennent – à bien des égards – un drame sur la mort de la tragédie antique elle-même.

Note de mise en scène des Bacchantes d’Euripide au Théâtre Antique d’Épidaure

Euripide écrit les Bacchantes à la fin du 5ème siècle av. J.-C. et de sa vie. Là, il ramène sur scène le dieu Dionysos, le fondateur du genre. Le dieu du théâtre, de l’altérité, du démembrement et de la fusion, de la béatitude et de la destruction, met en place un jeu qu’Euripide a voulu terminer avec un corps démembré que personne ne rassemblera.

Si ce qui est démembré sur scène est l’ouverture à l’altérité, cela signifie-t-il que nous avons désormais perdu la perspective, à travers une initiation, un acte collectif, de nous ouvrir à l’Autre, le nôtre et celui du monde ? Nos morceaux ne se relieront-ils jamais plus ? Sommes-nous condamnés, comme Penthée, à vivre enfermés dans notre individualité bien fortifiée, sinon nous serons démembrés ? N’y a-t-il plus de ponts pour nous relier les uns aux autres, à l’Autre, à l’altérité des sentiments, des idées, de nos pensées intimes, à l’absurde en nous, à l’absurde du monde ? Seulement à travers notre peau existe la sécurité. Ce qui est totalement en dehors de nous ou totalement en nous restera à jamais étranger, inviolé, inexprimé, inconnu, et pour cette raison sera affronté avec violence. La violence est-elle le seul langage que nous puissions comprendre ? Une violence fermée, impénétrable et absolue, une violence qui ne permet aucune initiation pour la déverrouiller, pour la comprendre, pour la supporter. Le déluge d’images sur Internet, les catastrophes naturelles, les bombes, les corps mutilés et les enfants morts dans les médias, les selfies sans vie et morts, les flux incontrôlables de données, de personnes, de produits – ne supportons-nous plus la spiritualité, la transcendance, l’élévation, parce que le seul dieu que nous pouvons comprendre est le dieu de l’Ancien Testament, le dieu vengeur, le dieu punisseur ? Est-ce celui que nous méritons ?

Ou peut-être que le corps démembré est en même temps un puzzle qui peut être complété, une construction qui nous montre ses membres, un spectacle ? Et cela dépend de nous, les spectateurs, si et comment nous l’assemblerons.

Thanos Papakonstantinou pour Les Bacchantes d’Euripide

Les Bacchantes d’Euripide par le Théâtre National

1976 | traduction de Kóstas Várnalis et mise en scène de Spýros A. Evanghelátos à l’Odéon d’Hérode Atticus

1985 | traduction de Giórgos Cheimonás et mise en scène de Giórgos Sévastikoglou au Théâtre Antique d’Épidaure et à l’Odéon d’Hérode Atticus

1990 | traduction de Pantelís Prevelákis et mise en scène de Giórgos Theodosíadis au Théâtre Antique d’Épidaure

2005 | traduction de K.Ch. Mýris et mise en scène de Sotíris Chatzákis au Théâtre Antique d’Épidaure et en tournée

Identité de la représentation

Traduction : Giórgos Cheimonás

Mise en scène : Thanos Papakonstantinou

Dramaturgie : Ioánna Remediáki

Scénographie et costumes : Níki Psychoyióu

Musique originale : Dímítris Skýllas

Chorégraphie : Nándi Gógoulou

Conception des lumières : Christína Thanásoula

Direction musicale : Melína Païonídou – Dímítris Skýllas

Dramaturge de la production : Éri Kýrgia

Assistant metteur en scène : Fánis Sakellaríou

Assistant assistant metteur en scène : Pantelís Bakatsélos

Assistant scénographe : Yánnis Sétzas

Assistant assistant scénographe : Zoí Kéléssi

Assistant costumière : Pinelópi Hánsen

Assistant concepteur lumières : Ifigéneia Giannioú

Conception coiffures : Konstandínos Kolioúsis

Conception maquillage : Olga Faleichyk

Construction de la tête de Penthée : Roger Fischer

Distribution

Konstantínos Avarikiótis (Dionysos)

Mariánna Dimitríou (Tirésias)

Alexía Kaltsíki (Agavé)

Thémis Pánou (Cadmos)

Argýris Pantazáras (Penthée)

Yánnis Kóravos, Dionýsis Piféas, Fótis Stratigós (Messagers)

Chœur Margaríta Alexiádi, Stellína Vogiatzí, Chrysiánna Karaméri, Eléni Koutsioúmpa, María Konstantá, Kleopátra Márkou, Eléni Moléski, Iríni Boúntali, Tzortzíina Palaiothódorou, Iokásti-Agavé Papanikoláou, Tháleia Stamatélou, Danáï Tíkou

Musiciens

Thodōrís Vazákas, María Delí, Aléxandros Ioánnou, Yánnis Kaíkis

Photographies

Elína Giounanlí Vidéos Pátroklos Skafídas

Paschális Zérvas pour la conception graphique des photographies.

La représentation a lieu dans le cadre du Festival d’Athènes et d’Épidaure 2024. Avec surtitres en grec et en anglais.

Heure de début : 21h00 Durée : 120 minutes

Prévente des billets : more.com

Informations : www.n-t.gr

La représentation contient des scènes de nudité et de violence. Convient aux plus de 15 ans.

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