Berenice de Romeo Castellucci
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Une adaptation de Bérénice par Romeo Castellucci à l’Onassis Steggi du 26 au 30 mars


La mise en scène de Bérénice par Romeo Castellucci, portée par une Isabelle Huppert omniprésente, ne laisse personne indifférent. Création singulière et audacieuse, le spectacle déconstruit la tragédie racinienne pour en faire une expérience théâtrale déroutante, parfois fascinante, parfois hermétique.

Dès l’ouverture, le ton est donné : une scénographie minimaliste, des effets visuels marquants et une approche qui met Isabelle Huppert au centre de tout. Son interprétation est intense, mais son monologue, porté par une diction monotone et un traitement sonore altérant sa voix, finit par perdre une partie du public. Certains spectateurs saluent son engagement, d’autres décrochent face à une mise en scène jugée excessivement conceptuelle.

Le spectacle enchaîne les moments surprenants : objets du quotidien traînés sur scène, chorégraphies muettes, et surtout cette scène où une douzaine d’hommes se déshabillent, provoquant incompréhension et hilarité. Ces choix radicaux créent une fracture entre ceux qui y voient du génie et ceux qui peinent à en saisir le sens.

Le clivage est tel qu’il déborde au-delà de la scène : entre huées et ovations, le public se déchire, transformant la représentation en véritable champ de bataille artistique. Les débats se prolongent jusque dans la rue, certains défendant avec ferveur la vision de Romeo Castellucci, d’autres dénonçant une expérience théâtrale hermétique et prétentieuse.

En représentation à l’Onassis Steggi du 26 au 30 mars 2025 , Bérénice promet de continuer à diviser, confirmant que le théâtre de Romeo Castellucci, qu’on l’adore ou qu’on le rejette, ne laisse jamais indifférent.