MESSOLONGHI 1826
200 ans depuis l’Exode : la mémoire héroïque au Musée Benaki
18 février – 3 mai 2026
Il est des dates qui ne s’effacent pas.
Pour les Grecs 1826 appartient à celles-là.
Exposition Messolonghi 1826 Musée Benaki : deux siècles après l’Exode de Missolonghi, le Musée Benaki consacre une grande exposition à la « Ville Sainte » et à l’héroïsme de ses défenseurs. Inaugurée le 17 février 2026 par le Président de la République hellénique, Konstantínos An. Tasoulas, elle se déploie jusqu’au 3 mai au Musée Benaki de la Culture grecque (1, rue Koumbari).
Plus qu’une rétrospective historique, l’exposition propose un regard approfondi sur la naissance d’un mythe fondateur de la conscience nationale grecque — et sur l’onde de choc internationale qu’il provoqua.

Missolonghite mother with her child, 1837
Tinted etching
Spyros Sakalis Collection, courtesy of Fivos Sakalis
Un événement national à dimension européenne
Le choix d’Athènes n’est pas anodin. Présentée au Musée Benaki, institution fréquentée par un large public international, l’exposition replace l’Exode dans sa dimension européenne et philhellène.
Car Missolonghi ne fut pas seulement un drame grec : l’événement bouleversa l’opinion publique en Europe et renforça puissamment le mouvement philhellène. L’émotion suscitée par le siège et l’Exode transforma la ville en symbole universel du combat pour la liberté.
La période précédant Pâques, traditionnellement marquée par une forte affluence touristique, contribue d’ailleurs à élargir encore cette portée internationale.

La chute de Missolonghi, 1828
Derrière l’unité apparente : un travail de grande complexité
Si le visiteur découvre un ensemble cohérent d’environ 200 œuvres — peintures, dessins, gravures, livres, objets et documents rares — la conférence de presse a mis en lumière la complexité du montage.
Chaque prêteur a dû donner son accord. Derrière l’unité visuelle perçue par le public se cache une orchestration minutieuse, faite de négociations, de choix scénographiques et de décisions muséographiques parfois délicates.
Six sections pour comprendre la naissance d’un symbole
L’exposition s’organise en six sections thématiques qui retracent l’évolution de Missolonghi du début du XIXᵉ siècle à nos jours :
- Missolonghi avant la Révolution
- La Révolution grecque et le mouvement philhellène
- Markos Botsaris (1823) et Lord Byron (1824)
- 1825-1826 : Siège et Exode
- Navarin et la création de l’État indépendant
- Missolonghi après la Révolution
La mort de Markos Botsaris puis celle de Lord Byron consolidèrent la réputation héroïque de la ville bien avant l’Exode. L’Europe artistique s’empara du drame : gravures, poèmes, œuvres musicales, affiches vendues au profit des combattants témoignent de l’impact international de 1826.
Parmi les pièces exposées figurent également de rares documents éphémères datant précisément de l’année de l’Exode — une plongée saisissante dans l’émotion immédiate de l’époque.
Une scénographie qui raconte un récit
Un point particulièrement intéressant concerne la présentation d’un ensemble de gravures dont une seule page est exposée, alors que l’ensemble complet existe.
Ce choix scénographique rappelle que le musée construit un récit. Le public perçoit une unité ; les historiens savent combien chaque élément s’inscrit dans une multiplicité de sources et de versions. L’exposition invite ainsi à réfléchir non seulement à l’histoire, mais aussi à sa mise en scène.
Restaurer la mémoire sur les lieux mêmes de l’Exode

The Defence of Missolonghi
La commémoration ne se limite pas aux salles du musée. Le maire de Missolonghi, lors de la conférence de presse, a rappelé l’importance de préserver les sites historiques eux-mêmes :
« Nous menons actuellement une véritable course contre la montre pour mettre en valeur les remparts mêmes depuis lesquels les assiégés ont combattu et se sont sacrifiés. Je pense notamment au lieu tragique de la Sortie. Dans quelques jours, commenceront des travaux destinés à restituer dignement ce site d’où partit l’Exode. Nous nous efforçons également de valoriser d’autres lieux emblématiques et événements majeurs. »
Ces travaux soulignent une volonté forte : inscrire la mémoire dans le paysage vivant de Missolonghi.
Marcher sur les traces des “Assiégés libres”

Canberra, John Robertson Collection
À l’occasion du bicentenaire, l’association de randonnée culturelle ATRAPOS organise un week-end à Missolonghi permettant de participer aux événements commémoratifs et de parcourir symboliquement le chemin emprunté par les défenseurs jusqu’à Arakynthos, au départ du monastère de Saint Syméon.
Une manière d’unir mémoire historique, paysage et expérience physique — et de prolonger la visite du musée par une immersion sur le terrain.
Un catalogue scientifique de référence
L’exposition est accompagnée d’un catalogue bilingue (grec / anglais), financé par la municipalité de Missolonghi, réunissant des contributions de spécialistes reconnus, parmi lesquels Roderick Beaton et Pantelis Boukalas.
Les prêts prestigieux — notamment de la Bibliothèque nationale de France et du Walters Art Museum — confirment la portée internationale de l’événement.
Informations pratiques
Musée Benaki – Musée Benaki de la Culture grecque
1, rue Koumbari, Athènes
18 février – 3 mai 2026
Visites guidées les 12/03, 26/03, 02/04 et 23/04
Conférence de Pantelis Boukalas : 7 avril 2026
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